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Limogeage de Pape Thiaw : l’État n’a pas à payer les erreurs de gouvernance de la FSF


Rédigé le Jeudi 30 Juillet 2026 à 02:09 | Lu 22 fois | 0 commentaire(s)



La position de la ministre Djireye Clotilde Coly est juridiquement fondée et politiquement responsable.
La lettre adressée par la ministre de la Jeunesse et des Sports, Djireye Clotilde Coly, à la Fédération Sénégalaise de Football, FSF, met fin à une ambiguïté qui n’aurait jamais dû exister. En prenant acte de la décision de la FSF de se séparer de Pape Thiaw, tout en refusant d’assurer le paiement de son salaire, l’État rappelle une vérité simple: on ne peut pas engager l’argent public sans respecter la procédure publique.
Depuis des années, l’État du Sénégal accompagne la FSF en prenant en charge le salaire du sélectionneur national. Mais cet accompagnement repose sur un principe fondamental: la convention et la validation préalable.
Or, dans ce dossier précis, le contrat de Pape Thiaw a été signé dans l’urgence quelques heures avant le match Sénégal-Norvège et n’a jamais reçu l’approbation formelle du ministère de tutelle.
En droit administratif et en gestion des finances publiques, un engagement sans visa préalable est nul. L’État ne peut pas être tenu pour responsable d’un acte qu’il n’a ni autorisé, ni contrôlé, ni budgétisé.
Être tiers-payeur ne signifie pas être signataire en blanc. Cela signifie accompagner une politique sportive cohérente, validée et transparente.
Signer un contrat à quelques heures d’un match, sans passer par la tutelle, c’est placer l’État devant le fait accompli. C’est une méthode qui relève plus du chantage affectif que de la bonne gouvernance.
Si l’État accepte de payer aujourd’hui, il crée un précédent dangereux. Demain, toute fédération pourra engager des dépenses somptuaires en urgence et exiger ensuite que le contribuable sénégalais règle la facture.
La ministre Coly, par son courrier, rétablit l’autorité de l’État. Elle dit: Nous soutenons le sport, mais nous ne cautionnons pas le désordre. C’est une posture de responsabilité vis-à-vis des deniers publics.
Cette décision n’est pas dirigée contre Pape Thiaw. C’est un problème de procédure, pas de personne. L’État reconnaît la souveraineté de la FSF à choisir et à limoger son entraîneur. Mais il refuse de porter seul le poids financier d’une décision prise unilatéralement et hors cadre.
À quelques mois des JOJ Dakar 2026, alors que le gouvernement mobilise des milliards pour les infrastructures sportives, il est vital de donner l’exemple d’une gestion rigoureuse. Chaque franc CFA doit être justifié, tracé et approuvé.
En refusant de payer, la ministre Djireye Clotilde Coly ne sanctionne pas le football. Elle pose le principe de la légalité budgétaire, une décision courageuse et républicaine. Elle protège l’institution fédérale contre ses propres dérives et elle protège le contribuable contre l’improvisation. Sur cette affaire Pape Thiaw, l'État dit non au fait accompli et rappelle les règles de bonne gouvernance.
C’est une décision juridiquement solide car elle s’appuie sur le principe de légalité. C’est une décision politiquement courageuse car elle ose dire non à la pression. C’est une décision pédagogique car elle rappelle à toutes les fédérations: l’accompagnement de l’État se mérite par la transparence.
L’État sera toujours aux côtés du sport sénégalais. Mais il le sera dans les règles. Et c’est à ce prix que nous construirons un sport crédible, durable et respecté.
Mbaye Jacques DIOP, Journaliste Sportif, Enseignant-chercheur, Administrateur Club des Experts Sportifs & Globe Sports



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