Il y a des absences qui résonnent comme des silences trop lourds. Depuis ce 31 mars 2020, le monde du journalisme et du sport sénégalais porte en lui une blessure intime : celle de la disparition de Pape Diouf, première victime du coronavirus dans notre pays. Mais pour moi, au-delà de l’homme public, c’est un guide, un repère, une lumière qui s’est éteinte.
J’ai longtemps cru, presque naïvement, que tant qu’il était là, rien de négatif ne pouvait m’arriver dans l’exercice de mon métier. Sa simple présence avait quelque chose de rassurant, comme un filet invisible sous mes pas parfois hésitants. Pape Diouf, c’était cette voix sage, ce regard perçant, cet œil de lynx qui savait lire entre les lignes, corriger sans blesser, encourager sans flatter.
Il m’est arrivé, comme tout journaliste, de douter. De relire mes analyses avec sévérité, de reconnaître mes erreurs, mes approximations, mes élans parfois mal maîtrisés. Mais lui, toujours, trouvait les mots justes. Non pas pour nier mes failles, mais pour leur donner du sens. Il avait cette capacité rare de transformer le doute en force, l’erreur en apprentissage. Et souvent, contre toute attente, il me redonnait confiance, comme s’il voyait en moi ce que je n’osais pas encore assumer.
Un héritage vivant, entre transmission et fidélité
Son amour pour le journalisme ne s’est jamais éteint. Il vivait, respirait et pensait ce métier avec une intensité admirable. Je me souviens encore de ses cours magistraux en géopolitique du sport à l’Institut Européen de Journalisme (IEJ) à Marseille, où j’ai eu la chance d’entrer grâce à sa générosité. Là-bas, même les professionnels les plus aguerris restaient suspendus à ses paroles. Il ne parlait pas seulement, il captivait, il transportait. Sa maîtrise de la langue française, sa façon de manier les mots avec élégance et précision, forçaient le respect et l’admiration.
Pape Mababa Diouf, aujourd’hui, je veux te parler comme on s’adresse à un père spirituel. J’ai intégré la Fédération sénégalaise de football, comme tu me l’avais prédit, avec cette lucidité qui te caractérisait. Le chemin n’est pas sans embûches : les vicissitudes et les affres de ce milieu me rappellent chaque jour combien l’exigence est grande. Mais j’essaie d’exister, de tenir debout, de rester fidèle aux valeurs que tu m’as inculquées. Si je continue d’avancer, c’est aussi pour toi, pour honorer ta mémoire et, à ma manière, garantir la paix de ton âme.
Aujourd’hui encore, ton absence laisse un vide que rien ne semble pouvoir combler. Mais ton héritage, lui, demeure vivant. Dans chaque article que j’écris, dans chaque analyse que je construis, il y a un peu de toi. Une exigence, une rigueur, une passion.
Pape Diouf n’est plus là, mais il continue de guider mes pas. Et peut-être qu’au fond, les étoiles les plus brillantes ne disparaissent jamais vraiment.
Bacary CISSÉ, président de la Ligue de Ziguinchor de football
J’ai longtemps cru, presque naïvement, que tant qu’il était là, rien de négatif ne pouvait m’arriver dans l’exercice de mon métier. Sa simple présence avait quelque chose de rassurant, comme un filet invisible sous mes pas parfois hésitants. Pape Diouf, c’était cette voix sage, ce regard perçant, cet œil de lynx qui savait lire entre les lignes, corriger sans blesser, encourager sans flatter.
Il m’est arrivé, comme tout journaliste, de douter. De relire mes analyses avec sévérité, de reconnaître mes erreurs, mes approximations, mes élans parfois mal maîtrisés. Mais lui, toujours, trouvait les mots justes. Non pas pour nier mes failles, mais pour leur donner du sens. Il avait cette capacité rare de transformer le doute en force, l’erreur en apprentissage. Et souvent, contre toute attente, il me redonnait confiance, comme s’il voyait en moi ce que je n’osais pas encore assumer.
Un héritage vivant, entre transmission et fidélité
Son amour pour le journalisme ne s’est jamais éteint. Il vivait, respirait et pensait ce métier avec une intensité admirable. Je me souviens encore de ses cours magistraux en géopolitique du sport à l’Institut Européen de Journalisme (IEJ) à Marseille, où j’ai eu la chance d’entrer grâce à sa générosité. Là-bas, même les professionnels les plus aguerris restaient suspendus à ses paroles. Il ne parlait pas seulement, il captivait, il transportait. Sa maîtrise de la langue française, sa façon de manier les mots avec élégance et précision, forçaient le respect et l’admiration.
Pape Mababa Diouf, aujourd’hui, je veux te parler comme on s’adresse à un père spirituel. J’ai intégré la Fédération sénégalaise de football, comme tu me l’avais prédit, avec cette lucidité qui te caractérisait. Le chemin n’est pas sans embûches : les vicissitudes et les affres de ce milieu me rappellent chaque jour combien l’exigence est grande. Mais j’essaie d’exister, de tenir debout, de rester fidèle aux valeurs que tu m’as inculquées. Si je continue d’avancer, c’est aussi pour toi, pour honorer ta mémoire et, à ma manière, garantir la paix de ton âme.
Aujourd’hui encore, ton absence laisse un vide que rien ne semble pouvoir combler. Mais ton héritage, lui, demeure vivant. Dans chaque article que j’écris, dans chaque analyse que je construis, il y a un peu de toi. Une exigence, une rigueur, une passion.
Pape Diouf n’est plus là, mais il continue de guider mes pas. Et peut-être qu’au fond, les étoiles les plus brillantes ne disparaissent jamais vraiment.
Bacary CISSÉ, président de la Ligue de Ziguinchor de football