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Joueur et avocat : Jules-François Diatta a poursuit ses études pour rendre un hommage à son père

Mercredi 6 Janvier 2021

Jules-François Diatta a une vie très remplie. L’attaquant du Stade Plabennec (National 2) est devenu récemment avocat en droit maritime pour rendre hommage à son père, emportait par le Bateau Le Joola.

Le 26 septembre 2002, le Joola (un ferry) sombrait en mer au large de la Gambie. Le naufrage du bateau causait la mort de près de 2 000 personnes. Une des plus grandes catastrophes maritimes au monde. A son bord, le père de Jules-François Diatta, l’attaquant de Plabennec en N2, y perdait la vie.« Il y a eu une série de manquements qui ont causé cet accident » explique-t-il.

Afin de lui rendre hommage, le Sénégalais s’est lancé dans des études de droit. Et le footballeur vient de prêter serment le 4 décembre à la cour d’appel de Rennes après avoir soutenu sa thèse en 2018. Depuis peu, il intervient dans le droit du sport, le droit des affaires et le droit maritime si important à ses yeux. « J’ai créé un cabinet au Sénégal et je viens d’en intégrer un à Brest comme collaborateur libéral », précise-t-il.

Une vie trépidante !

Après des années à étudier –« j’ai arrêté de compter à dix»– l’ancien joueur de Milizac peut enfin commencer sa « belle profession ».Avec comme rêve à moyen terme de s’associer ou créer son propre cabinet. Depuis sept ans, Jules-François Diatta enseigne des cours de droit à l’université de Brest. Et il va continuer à transmettre ses connaissances auprès des étudiants.
L’attaquant a une vie bien remplie et arrive à concilier sa vie professionnelle et sa vie privée. Il est le père de deux filles. « J’y arrive tant bien que mal. Et je peux compter sur le soutien de mes proches et surtout celui de ma femme.» L’avocat a une peur : celle de s’ennuyer. « J’ai besoin de me rendre utile. Et puis on a qu’une vie » relativise-t-il. Jules-François Diatta l’a bien compris.
En 2014, avec son ami Mamadou Sakho (qui n’est pas l’ancien joueur du Paris Saint-Germain), ils ont crée l’association Le petit geste qui fait la différence.  « Elle intervient dans l’éducation, la santé et le sport. Nous collectons et récupérons du matériel pour l’envoyer au Sénégal. »

Jules-François Diatta, un éternel insatisfait

.A 34 ans, Jules-François Diatta est un éternel insatisfait. « J’ai soif d’apprendre. J’ai du mal à apprécier ce que j’ai réalisé. Même si ce parcours a demandé beaucoup de sacrifices. »La tête et les jambes ! Certains diront que c’est très rare dans le football. Une sorte d’exception. Un ovni ? Rien de tout ça, selon lui.

« L’image donnée aux footballeurs n’est pas juste. Beaucoup de footballeurs s’investissent en dehors du football. Ils s’engagent de plus en plus. Il y a énormément de richesse dans le football amateur et professionnel. » Il fait référence aussi au combat contre le racisme en citant le bel exemple du match arrêté entre Paris et Istanbul Basaksehir. « Je me réjouis de voir des personnalités comme Demba Ba, Lilian Thuram, Didier Drogba, Samuel Eto’o lutter contre le racisme. »

Il a commencé le foot à 22 ans

Et son parcours footballistique dans tout ça ? Il n’est pas du tout standard. A 22 ans, Jules-François Diatta débarque en France. « Je n’avais jamais joué en club. A l’université, je pratiquais plutôt le basket. Le football, c’était juste avec les copains. » En parallèle de ses études, il signait à l’époque en Première division de District au PL Bergot, « pour m’entretenir »Très vite, ses qualités sautaient aux yeux des observateurs. Et pourtant, « je n’avais jamais fait d’école de football » fait-il remarquer.

La saison suivante, il rejoignait Milizac où il y restera trois ans. Depuis sept saisons, l’attaquant et ses 1 mètre 85 évolue à Plabennec, qui oscille entre la N2 et la N3 lors de ces dernières années.« Quand je suis arrivé ici, Plabennec descendait en CFA2 (N3). Mais le club avait été repêché par la DNCG. Quand tu sautes quatre niveaux d’un coup, ce n’est plus pareil. J’avais les qualités athlétiques mais je devais m’améliorer tactiquement et techniquement. Je me suis adapté avec intelligence et j’ai pu bénéficier des conseils de Franck Kerdilès qui m’a beaucoup fait progresser. »

Tout comme Gwen Servais, son entraîneur actuel. Tombé amoureux du club, Jules-François Diatta s’y plait bien. « Si je suis resté autant fidèle, c’est que j’ai découvert un club avec un environnement familial comme à Milizac. Plabennec est un club avec des valeurs très fortes. »

L’heure de redescendre ?

C’est notamment l’ancienne équipe d’un certain Christophe Kerbrat, actuel défenseur central du Stade Briochin. Durant ces sept années, l’attaquant a notamment connu un trente-deuxième de finale de coupe de France, perdu contre Le Poiré Sur Vie. Pouvait-il jouer en Ligue 1 ou Ligue 2 ? « Je n’ai jamais eu l’ambition de passer professionnel. Le football n’est pas une priorité. C’est un exutoire après une journée de travail. » concède-t-il.

Avec son métier d’avocat, Jules-François Diatta continuera jusqu’à la fin de saison avec son club de cœur. Avant de se poser des questions. « Je vais aviser. Peut-être que je redescendrai de niveau pour continuer à m’entretenir. »Passionnant et passionné, Jules-François Diatta est toujours à 200 %. Avec toujours la même volonté, rendre fier ses proches et son père qui doit le regarder avec admiration dans le ciel.
 
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