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CAN 2021 : Alain Giresse explique les maux du Sénégal


Rédigé le Dimanche 23 Janvier 2022 à 11:42 | Lu 24 fois | 0 commentaire(s)



Depuis la France, Alain Giresse suit la CAN pour avoir coaché le Gabon, le Mali, le Sénégal et la Tunisie. Pour le Sénégal, il apporte des réponses sur la prestation peu convaincante de l’équipe nationale. D’après lui, le Sénégal va aborder ces 8èmes de finale avec plus d’interrogations que de certitudes, car les Lions doivent élever leur niveau de jeu face au Cap-Vert.
Coach, vous êtes ancien sélectionneur du Sénégal, vous avez entrainé Sadio Mané, Gana Gueye. Que vous inspire cette équipe du Sénégal qui peine à convaincre ?
Quand j’avais Sadio Mané et Gana Gueye, ils n’étaient pas encore des joueurs comme maintenant, ils étaient en devenir, Je les connais. Les raisons de la situation actuelle du Sénégal sont difficiles à trouver, ils n’ont pas eu de préparation d’une part, ensuite il y a eu des joueurs manquants au début à cause de la Covid. Il y a aussi les inconnues comme c’est le cas avec l’Algérie, un grand pays, qui d’un coup n’arrive pas à reproduire son jeu et exprimer son potentiel. On peut se poser la question par rapport au talent des joueurs de ces deux équipes. Mais, la différence est que le Sénégal est toujours qualifié. Au prochain match contre le Cap-Vert, il faudra qu’il élève son niveau de jeu, conforme au potentiel de l’équipe. C’est une obligation.
On reproche au sélectionneur le choix de ses hommes…
Là, on tombe dans le format classique. Quand ça ne va pas, c’est le coach, quand tout va bien, ce sont les joueurs. On peut toujours contester les choix de l’entraîneur quand il n’y a pas de résultats. Les modifications de l’équipe nationale n’ont pas forcément modifié l’expression du jeu de l’équipe. En ce moment, c’est plus un problème d’ensemble collectif que de joueurs à proprement parler, qui pourrait permettre à l’équipe d’être à un autre niveau. Par contre, en défense, ça va. Ils n’ont pas pris de but et c’est une bonne chose Maintenant dans ce travail constructif, le Sénégal n’arrive pas à trouver des possibilités pour concrétiser des occasions de buts.
L’année dernière, dans l’une de vos interviews accordées au journal Stades, vous aviez mis l’accent sur le problème de l’osmose en équipe nationale. Comment trouver l’osmose pour produire du beau jeu ?
L’osmose n’est pas facile à trouver quand on a pas fait de préparation…
 
L’Algérie a fait une préparation excessive avec la Coupe arabe, un match amical musclé contre le Ghana et on connaît la suite. Est-ce que l’absence de préparation peut justifier cette copie pâle rendue par l’équipe nationale ?
La préparation n’est pas comme elle a été faite. J’ai trouvé l’Algérie fatiguée et mal à l’aise. Le terrain ne les a pas avantagés. Le Sénégal a été handicapé par l’absence de préparation et les joueurs absents au début.
Est-ce que ces absents peuvent justifier ces résultats ? Aliou a eu 28 joueurs à sa disponibilité.
En partie, il y a des données qui sont là, qui existent et qui empêchent à l’équipe d’avoir sa base. Les changements de joueurs n’ont pas permis de trouver cette base. Le problème, c’est que le Sénégal va entamer les 8èmes de finale avec plus d’interrogations que de certitudes sur son jeu. Attention, je suis bien placé pour savoir qu’une compétition, ce n’est pas au début qu’il faut être bon, mais plus on avance dans le tournoi. Je l’ai vécu, d’autres équipes l’ont vécu également. En 2019, l’Égypte et le Maroc ont gagné leurs trois premiers matchs et ils ont été éliminés en 8èmes de et finale. Il y a une réalité, c’est-à-dire monter en puissance Part contre, les deuxièmes mi-temps de l’équipe du Sénégal sont bonnes dans cette CAN. Même s’il n’y a pas eu de concrétisation, le visage de l’équipe était meilleur. Il ne faut pas tout dramatiser, il faut continuer à croire aux joueurs, cela peut s’améliorer compte tenu de ces aspects qu’ils ont fournis lors des secondes périodes des matchs pour un jeu plus abouti.
Coach, le Sénégal connaît son adversaire le Cap-Vert qu’il avait battu lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2018. Le problème majeur, c’est le Nigeria une fois arrivé en quarts de finale. C’est du lourd, du béton si l’on sait que la bande de Kéléchi Iheanacho reste jusque-là intraitable dans cette compétition. D’ailleurs c’est l’unique équipe à rendre une copie propre dans cette CAN…
Le Nigeria dit la même chose du Sénégal. Sauf que le Nigéria va dire: «Ils ne sont pas bien, mais on ne sait jamais. Le Sénégal a un potentiel de joueurs». Donc, il faut que ce potentiel de joueurs du Sénégal s’exprime face au Nigeria. Le Sénégal fait toujours peur par rapport à ses noms. Donc, il faut qu’il fasse plus peur par rapport à ses prestations et c’est le plus important. Ce n’est pas les noms qui comptent, mais le terrain qui démontre que l’équipe a de la qualité.
Justement, c’est parce que le Sénégal fait peur qu’on lui tend toujours des pièges à l’exemple de la finale de 2019 contre l’Algérie, la Colombie en 2018 à la Coupe du monde et même le Cameroun qui fut l’équipe la moins brillante de la CAN 2017…
C’est normal les pièges. C’est au Sénégal de montrer qu’il est assez fort pour passer l’obstacle.
Aliou Cissé a-t-il les solutions pour s’en sortir ?
Avec l’effectif qu’Aliou Cissé a sous les mains, bien sûr qu’il a les solutions. Il y a des éléments qui existent à l’intérieur de l’équipe et qu’on a du mal à connaître. On peut les connaître quand on est à l’intérieur de l’équipe, pas si on est de l’extérieur. Il a suffisamment de joueurs de qualité pour avoir une équipe performante. Et puis, ce n’est pas maintenant qu’il va les chercher ailleurs, il a des joueurs pour trouver les éléments et la bonne formule pour faire en sorte que l’équipe tourne et gagne tous ses matchs.
Stades
 



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